PROJET MASARYK

2019

  • Dessins en graphite

  • Portraits parlés

Tomáš Garrique Masaryk, scientifique, philosophe, pédagogue, journaliste et fondateur de la Tchécoslovaquie, est né en 1850 en Moravie (ancien Empire austro-hongrois). Il est considéré comme l’un des personnages tchécoslovaques les plus importants. En 1936, la "Avenida de la Hacienda" à Polanco, a été renommée "Avenida Presidente Masaryk" par le mandataire mexicain Lázaro Cárdenas. La communauté de cette région et Cárdenas lui-même appréciaient l’action en faveur des droits de l’homme et le discours démocratique du président tchécoslovaque. Après cela, au cours d’un siècle, plusieurs sites ont été baptisés, en "honneur" du président tchécoslovaque, des écoles, des parcs, des magasins de vêtements, des commerces de restauration, des bars et des centres de nuit. Ces établissements ont déplacé l’ancien milieu familial de la communauté au profit d’entreprises transactionnelles de luxe, tout en déplaçant le "signifiant historique" du personnage.

C’est jusqu’en l’an 2000 que se dévoile une statue de Masaryk donnée par Prague. Cette image de Masaryk visait à générer l’idée utopique de communauté mondiale à partir de relations diplomatiques visant plutôt des proches "virtuels" contradictoires et dissidents qui sont privés d’une véritable expérience de réciprocité et dont les significations s’effacent au loin.

Project Masaryk réfléchit sur ces imaginaires et significations, et tente de construire une image de Masaryk, à partir des fictions, mais aussi à partir des entrecroisements symboliques contradictoires.

Les portraits ont été faits comme des "portraits parlés", selon plusieurs interviewés, qui construisaient un "imaginaire" divers, disparate, et dans la plupart des cas erroné, de la figure du "Président Masaryk".

INTERVIEW II. / TRANSCRIPTION

Voix 1- Je l’imagine de l’époque 1900, là-bas...

Voix 2- Je vais plus loin, vers 1850.

Voix 1- Je suppose qu’il avait un profil professionnel, entre... peut-être un ingénieur ou peut-être un enseignant.

Voix 2- Presque en tant qu’avocat, ou quelque chose comme ça, militaire... je ne pense pas.

Voix 1- Quant à l’époque de Cardenas, c’est la question des plates-formes pétrolières. Et si c’est un enseignant, c’est à cause de l’innovation de nos jours.

Voix 2- Eh bien, je l’imagine comme avocat, sur une question de droit ou de droits de l’homme. Je ne sais pas, quelque chose comme ça.

Voix 1- Je pense qu’il était grand et robuste...

EXTRAIT D’INTERVIEW I. / TRANSCRIPTION

Je pense qu’il était européen, peut-être russe. Il enregistrait des disques de vinyle et avait donc une grande collection de musique en vinyle et passait beaucoup de temps à écouter la musique qu’il avait enregistrée. Il était grand et avait un visage particulier parce qu’il semblait qu’un enfant lui avait enlevé la tête et l’avait donnée à un adulte. Il avait de grands yeux, très lumineux et ils étaient marrons, c’était du café très clair. Sur son visage, il avait un grain de beauté près de la joue et près de l’œil. Sa bouche était de taille moyenne, mais quand il riait, il riait avec un joli sourire qui faisait rire les autres aussi. Et il s’habillait comme n’importe quel homme adulte qui travaille, il s’habillait toujours avec une veste noire. Et je pense que c’est tout.

PROJET MASARYK/ Portraits parlants /

Graphite sur papier/ 50 x 35 cm/ 2019

PROJET MASARYK/ Portraits parlants /

Graphite sur papier/ 50 x 35 cm/ 2019

PROJET MASARYK/ Portraits parlants / Graphite sur papier/ 50 x 35 cm/ 2019