KATASTROFA, ON LE SAIT PAR L´OMBRE

LE CREUX DANS LE PAYSAGE 

2017-En cours

  • Graphite sur papier et mur

  • Intervention avec des boutures de papier noir

La catastrophe est une situation qui est déclenchée par un désastre, mais les deux, catastrophe et désastre, opèrent dans un espace et dans le temps que j’appelle "zones grises". Ces "zones" sont les territoires physiques ou symboliques où les choses et les personnes, plutôt que d’exister, vont "vivre la mort", dans un pur espace d’impossibilité : où ce qui est vieux ne finit pas par mourir et le nouveau ne réussit pas à se construire.

KATASTROFA propose de mener une recherche historique sur divers "désastres" naturels et artificiels, et inspiré par cela, je produis des dessins, des objets, des images en mouvement, des dessins élargis et des installations.

KATASTROFA présente un dialogue formel et conceptuel avec les espaces et les supports. J’essaie de créer des "atmosphères lumineuses" : gammes de lumière et d’obscurité, en plus des "incisions physiques" sur la surface des travaux et sur l’espace d’installation du chantier.

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Une culture paysagère doit répondre à plusieurs aspects : elle doit reconnaître un ou plusieurs mots qui désignent le paysage, elle doit avoir de la littérature qui se réfère au paysage et elle doit cultiver du jardinage qui cherche la jouissance et l’observation. De là, nous comprenons que "le paysage" a une connexion étroite avec la contemplation, le paysage est contemplé mais elle "contemple" aussi, devenant témoin des événements historiques. Avec le temps, le paysage se transforme, se détruit, se renouvelle.

Je dessine des paysages significatifs d’un point de vue personnel et historique; ce sont des endroits que je parcourais quand j’étais enfant qui sont à la fois témoins des guerres et de la division par le bloc soviétique. Ces paysages sont occupés par des sentiments de vide, que j’attribue (outre des raisons personnelles) à des raisons géopolitiques et idéologiques.

J’interviens les dessins de paysages avec des coupures de papier ou de tissu (dans la plupart noirs), ces coupures couvrent une partie du territoire, le transformant en espace de l’ombre, derrière laquelle se cache une blessure qui prétend avoir été guérie et disparue.

LE CREUX DANS LE PAISAGE/ "Paisage I" / Graphite sur papier/ Mesures variables/ 2016

LE CREUX DANS LE PAISAGE/ "Paisage II, détail" / Graphite sur papier/ Mesures variables/ 2016

LE CREUX DANS LE PAISAGE/ "Paisage II" / Graphite sur papier/ Mesures variables/ 2016